Oui, je sais, on se fait rare, mais que voulez vous, l'été, la chaleur, les amis, de passage pour une nuit, pour 3 jours, le rosé, le champagne, la bière, le rouge aussi, et puis les grillades, le pain aillé, les côtelettes, les pêches, juteuses, et les fromages frais, sous le tilleul, juste sous son ombre, assoupi, apaisé par le bruissement de la brise chatouillant ses feuilles... Une agréable lassitude a bercé ce mois d'août, savourer les fruits de son travail, ses bons côtés, s'arrêter quand on veut, quand on peut, profiter, observer, non, regarder, juste regarder, pas d'autres effort, et si c'est trop dur, fermer les yeux et s'assoupir encore dans la tiédeur de l'après midi.

Puis vient le moment de se réveiller. Les feuilles jaunissent sous le tilleul, et en face, sur le coteau. les prés sont secs comme de la paille, et on devine l'herbe piquante pour la plante des pieds. Les figues sont mûres, déjà les raisins entièrement mangés, les pêches de vignes tout juste à point. La terre est prête à s'endormir juste au moment où je reprends conscience.

De nouveaux travaux pointent le bout de leur nez, à commencer par le chauffage qui nous a fait défaut ces 3 dernières années.

Puis un nouveau bâtiment, en lieu et place de l'ancien tout pourri pas beau qui jouxte la fromagerie (Marie jo, tu devrais être contente), afin d'y faire un atelier pour bricoler, et ranger beaucoup de bazar qui empêche pour l'instant de faire l'extension de la maison (dont le salon, qui nous manque sérieusement).

Après avoir fait le curage de la chèvrerie ce week end avec le tracteur du voisin (et le voisin), j'envisage très sérieusement l'achat d'un bobcat pour faire ce genre de travail.

Si on résume, ça va faire un paquet d'argent à sortir, et là, pour le coup, je suis complètement réveillé.

On fera le bilan de l'activité fromage dans 2 mois, quand on aura terminé  de traire. Pour l'instant, on est plutôt dans les clous, et on devrait finir à l'équilibre pour cet exercice. Allez, l'an prochain, avec toutes ces nouvelles chèvres qui arrivent, on devrait commencer à se servir un salaire.

Les boucs ont retrouvé leurs copines les chèvres il y a quelques jours, et de nouveaux bruits sonores et des odeurs d'urine teintée de miel flottent à présent la chèvrerie et se déposent sur chaque personne qui a le malheur de vouloir caresser le bouc qu'est trop mugnon. Contre ce genre d'odeur, le lavage des mains ne sert à rien. Ca reste, c'est immonde, ça s'imprègne, vous êtes socialement mort pour plusieurs jours. Mais c'est toujours drôle quand ça arrive aux autres.