A nous les chèvres !

vendredi 15 août

Et le bio alors ?

Tiens, personne ne me l'a fait remarquer. Au début, quand nous avons commencé le BPREA, je me suis converti au Bio. Je veux dire, au Bio théorique et réthorique. Comme ça, pour épouser une nouvelle cause,qui me paraissait belle. Et pour faire chier les élèves beaucerons qui m'entouraient alors, et qu'étaient pas bio du tout, comme si ça allait polluer leurs terres. c'est pas que je les aimais pas, mais c'était gratuit, pour favoriser la discussion, lancer le débat comme on dit.

Au fur et à mesure qu'on m'enseignait les diverses maladies et leur remède approprié, généralement chimique et dûment breveté, je m'insurgeai et gravissai un échelon dans la volonté d'être bio. Il y a eu quelques échanges, parfois un peu vifs, mais toujours intéressants, un peu comme au procès de Galilée.

je dois reconnaître aujourd'hui que je ne savais pas trop de quoi je parlais, et j'adoptai simplement une posture idéologique sans véritable fondement, si ce n'est celui de l'apparent bon sens.

D'ailleurs, ma première action lorsque nous sommes arrivés sur l'exploitation, ça a été de badigeonner de Glyphosate la plupart des champs environnants, ces derniers croulant sous les ronces, les chardons et autres adventices. Ca m'a fait mal, comme une naissance. A partir de là, il a fallu que je fasse avec du réel, et pas juste des bouquins et des paroles de prophètes bio.

On venait de me balancer dans la flotte sans que je sache nager, et pour gagner la rive à 3 kilomètres, j'avais le choix entre un bateau pneumatique à proximité, ou tenter d'apprendre la brasse in situ.

Je suis raisonnable, j'ai pris le bateau. Car l'objectif, c'est pas de prouver que je peux nager, mais c'est de vivre longtemps, et ça mérite des concessions. Au début en tout cas.

Il faut malheureusement se rendre à l'évidence. L'environnement de l'agriculteur aujourd'hui, il n'est pas bio. Ne serait ce que l'environnement économique. Si demain je passe en bio certifié, je ne valoriserai pas mieux mes fromages, alors que mes coûts d'alimentation seront du double, et mes rendements moins bons. C'est aberrant, mais c'est comme ça. Je ne vendrai pas plus cher, ou très peu.

Or, si tout le monde était en bio, ça ne poserait aucun problème. Les référentiels seraient différents, et on serait entre nous d'égal à égal. Mais comme ce n'est pas le cas, et que le "chimique" a fait faire des bonds prodigieux en matière de rendement, s'en passer au début m'a d'un coup paru trop risqué, du genre la tribu amazonienne contre les bulldozers. Donc, il nous fallait la béquille, le baudrier, le casque, l'armure, l'airbag, l'ABS. Je n'ai enlevé les roulettes de mon vélo que lorsque j'ai su pédaler correctement et maitriser les autres éléments comme la direction et le freinage.

Alors je fais quoi aujourd'hui ? Et bien petit à petit, je commence à me passer de certaines choses. Il y a des traitements O-BLI-GA-TOI-RES (parce-que- sinon-toutes-tes-chèvrettes-vont-crever-c'est-obligé!!!) que je ne fais plus, parce que chez moi, ça marche bien sans. Et puis des traitements que je ne peux pas abandonner, parce que ça serait la catastrophe immédiate. En matière d'alimentation, je faisais dans le local. Je fais toujours, mais récemment, j'ai commencé à incorporer une dose de bio aussi, et sans doute de plus en plus l'année prochaine. Mais si je l'avais fait dès le départ, on serait déjà mort, ou très mal en point. Tuer le rêve pour des principes, c'est tout le dilemme. Et pourtant, ces principes sont les meilleurs du monde, mais encore une fois, tout dépend si on veut prendre le risque de mourir pour la cause, ou de la défendre plus tard, en étant mieux armé.

 

 

 

 

Posté par Alexlagri à 14:08 - Commentaires [19] - Permalien [#]


mercredi 02 juillet

On ne l'a pas dit mais il est fini.

Le superbe bâtiment si rustique que tout le monde trouvait très... typique dirons-nous, est remplacé par un tout neuf.

C'était le dernier bâtiment de l'exploitation à faire et c'est du fait maison entièrement. Alex nous a fait un truc superbe avec l'aide de notre woofer favori, Jérôme (qui nous a aidé sur le premier bâtiment pour ceux qui ne suivent pas).

 

Pour souvenir, on avait ça :

81087232

Et maintenant, ça :

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Alex s'est fait un magnifique atelier, il va pouvoir s'amuser.

100_3027

Prochaine étape... nous faire un salon.

 

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mercredi 28 mai

Le temps passe...

Et les bébés grandissent.

 

bebe 2014

bebe 2014 2

bebe 2014 1Un des cochons sur la ferme, un truc bizarre.

cochons2

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jeudi 27 février

Les petits de l'année

Les mises-bas sont presque terminées, plus que les primipares. Merci à Odile, la responsable de la Ruche qui dit Oui locale pour la visite et les photos.

 

2014 1

2014 2

2014 3

2014 4

2014 5

 

Les jeunes boucs de l'année qui trouvent que ça bouge beaucoup à côté de leur box.

2014 6

Posté par Francelagri à 09:38 - Commentaires [2] - Permalien [#]

dimanche 25 août

On dit rien, mais on bosse.

Mhhhhh, le dernier post date de février... A mon avis, vous êtes nombreux à avoir déserté le blog depuis. Allez, c'est pas grave, il fallait que je vous montre la dernière construction. Si vous avez suivi les derniers développements, vous savez que j'ai détruit un très ancien bâtiment, puis que nous avons coulé de nouvelles fondations, et depuis, il pleuvait, pleuvait, pleuvait.... Jusqu'en juin. Alors seulement, nous avons pu couler la chape, éléments essentiel pour la suite de la construction, puisque c'est sur cette dalle que nous devions tracer l'épure du nouveau bâtiment. Pour ceux qui nous suivent depuis le début, vous savez que nous avons fait appel à Jérôme, un wwoofer, lors de la construction de la chèvrerie et de la fromagerie. De façon très opportune, nous avons fait appel au même qui entre temps termine une formation de charpentier. Il accepte, et ce sera donc sa première charpente. Et moi aussi.

Après avoir élaboré les plans, j'ai commandé le bois, et hop, nous voilà partis. Scie circulaire, perceuse et ciseaux à bois seront nos compagnons pendant les 10 premiers jours. Dieu que ça n'avance pas !!! Du traçage, du traçage, et encore du traçage. Au millimètre, tout le temps. 35° toute la journée, et en plein soleil. Rien n'avance, rien n'est visible. Et puis un beau jour, c'est l'assemblage de la première ferme. Tout s'ajuste à merveille. Perçage, chevillage, quelques coups de masse à droite et à gauche. On mesure et remesure, les axes et les diagonales. Tout doit tomber bon au demi centimètre près. 

Et puis on lève l'ensemble, grâce au tracteur et un moufle prêté par mon père qui sera d'une utilité redoutable. Et là encore, tout se passe bien. L'ensemble semble vaciller, se tord un peu, et c'est bien normal quand on voit la finesse des pieds. Vite on contrevente tout ça, et on souffle un peu, bien contents que que les trous de fixation dans le béton correspondent avec ceux du poteau.

Super voisin viendra nous aider pour la deuxième ferme avec son tracteur, car il nous fallait alors une nacelle pour fixer les premières pannes.

Le lendemain, nous levons la troisième ferme, puis deux jours après la quatrième, Cette dernière nous donne du fil à retordre car il faut la lever en sens inverse des autres à cause du poteau EDF, et nous avons eu un peu de casse à ce moment, là, mais rien de grave. Faut savoir que c'est la Logan qui l'a levée cette dernière ferme, avec l'attache remorque. Bonne bagnole ça, la Logan.

Après avoir fixé les dernières pannes, au soleil couchant, Jérôme est reparti le lendemain matin. Il part dans quelques mois faire un tour du monde en catamaran, entre 6 mois et 5 ans selon ses prévisions. Ca laisse de la marge.

épure

taille

assemblage

levage

levage 2

calage 1ere ferme

2ieme ferme

3ieme ferme

fini

fini 2

Posté par Alexlagri à 12:41 - Commentaires [11] - Permalien [#]