Oui, je sais, il est nul mon jeu de mot, mais faut bien mettre un titre. Et puis c'est en rapport avec le sujet du jour. Que dis je du jour. Du mois, et même du trimestre. Car aujourd'hui, nous allons causer saillies. Les saillies, c'est aussi important que le reste. Sans petits, pas de lait, Sans lait, pas de fromages. Sans fromage, clé sous la porte. Donc, nos boucs, on les entraîne, on les coache, on leur achète newbouc et playbouc chaque semaine pour les motiver, bref, on les bichonne.

On a décidé de n'en mettre qu'un sur les 3.

Ramsès, le dernier, parce qu'on ne connait pas ses origines laitières, et Bouquito, parce qu'il est très consanguin avec les autres. Il n'interviendra donc que dans un ou deux ans.

Restait donc P'titbouc, qui porte de moins en moins bien son nom. Les quelques rares élues à dépasser la trentaine de kilo on donc eu l'occasion de faire sa connaissance, et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il ne fait pas dans la dentelle. Assez rapidement, les demoiselles se sont retrouvées en chaleur, et monsieur a pu en profiter. Difficilement toutefois. Je ne l'ai pas trouvé très adroit, et les filles avaient tendance à le fuir un peu.

Nous avons isolé ce petit monde une bonne semaine, afin que tout le monde ait sa chance plusieurs fois. Aujourd'hui, j'ai renvoyé le bouc chez ses copains, et j'ai laissé sortir les filles avec les autres. Elles n'en pouvaient plus d'être enfermés dans un endroit aussi petit. Nous n'avons malheureusement pas le choix. Dans une quinzaine de jour, nous lacherons le bouc dans tout le troupeau (à part les plus petites), et nous verrons bien  ce qui se passe alors. La poisse serait que p'tit bouc soit stérile. Mais ne parlons pas de malheur.

Concernant le bâtiment, nous en sommes à signer les devis. Début des travaux de maçonnerie et terrassement en octobre, et le charpentier interviendra fin novembre. On va être très très court pour finir la fromagerie dans les temps. En espérant que la météo ne nous retarde pas trop.

Quant aux semis de prairie, ils sont mal partis pour l'instant, car il ne pleut pas assez. Encore 15 jours comme ça, et il faudra sans doute reporter les semis au printemps prochain, et ça, c'est vraiment pas chouette parce qu'on perdrait encore un an.

BREF !!!! Je n'ai jamais vécu avec autant d'incertitudes, d'aléas, de questions sans réponse, jamais autant ressenti la dilatation et la contraction du temps de manière aussi simultanée, jamais autant ressenti mon manque d'expérience, jamais autant aimé celle qui m'accompagne depuis 8 ans déjà, sans le dévouement et l'abnégation de laquelle je n'aurais rien connu de tout ce que je vis aujourd'hui.